Le Palais Royal

Tout le monde connaît le jardin du Palais Royal et ses incontournables colonnes de Buren, mais savez-vous ce que l'on trouve à l'intérieur du Palais ?

Créé par Richelieu en 1633, le Palais Cardinal, devenu le Palais Royal, accueillait les familles royales jusqu’à la construction de Versailles. Il fut la résidence du jeune Louis XIV, puis celle des princes de la maison d'Orléans, et enfin celle de Jérôme Bonaparte.

Aujourd'hui quatre institutions y sont installées : le ministère de la Culture et de la Communication, le Conseil constitutionnel, le Conseil d'État et la Comédie-Française. 

 

Chaque année, les portes du Palais s'ouvrent durant le week end des Journées du Patrimoine, et on peut y rentrer assez facilement (moyennant une petite demi-heure de queue). 

Au passage, j'ai trouvé sur le net de superbes visites virtuelles, où l'on peut de notre fauteuil parcourir le Palais et ses jardins, depuis la Cour d'Honneur en passant par les balcons et les toits, avec en prime une vue by night.

 

LE MINISTèRE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION

Le Salon Jérôme

Ancienne chambre de parade du duc et de la duchesse d'Orléans puis chambre mortuaire du roi Jérôme ; aux tympans des arcades, le monogramme NJ (Napoléon Jérôme) alterne avec l'aigle impérial. 

Salon Jérôme
Salon Jérôme
 

Le bureau de la Ministre, Aurélie Filippetti

Décor attribué à Fontaine, avec remploi de nombreux éléments d'époque Louis XVI.

Bureau de la ministre de la Culture et de la Communication
Bureau de la ministre de la Culture et de la Communication
Bureau de la ministre de la Culture et de la Communication
 

Le Salon des Maréchaux

Le grand salon de réception de l'appartement de Marie-Amélie, épouse de Louis-Philippe, qui, devenu salle des séances plénières de la Cour de cassation entre 1871 et 1875, a été divisé en bureaux en 1959 puis restauré en 1989, d'après une gravure aquarellée de Fontaine.

Le Grand Salon
Lustre du Grand Salon
 

LE CONSEIL D'ETAT

La salle de la Section des Finances

Une des rares salles du Conseil d'Etat dont la décoration remonte au milieu du XVIIIe siècle ; les vantaux des portes et le plafond à arabesques sont attribués à Contant d'Ivry ; salle restaurée en 1990.

La salle de la section des finances
 

La salle du tribunal des conflits

Ancienne salle à manger de la duchesse d'Orléans, aménagée par Contant d'Ivry en 1765 ; médaillons en camaïeu illustrant les quatre saisons et panneaux allégoriques figurant les quatre éléments, attribués à Pierre Antoine Demachy ; plafond en trompe-l'oeil, par Dieterle (1852), portant le monogramme NJB (Napoléon Jérôme Bonaparte) ; au-dessus d'une des cheminées, Allégories du Droit, par Henri Léopold Lévy.

La salle du tribunal des conflits
La salle du tribunal des conflits
 

La salle René Cassin

Cette salle s’appelait autrefois le Salon des trophées, en raison des grands bas-reliefs de stuc représentant des trophées d’armes antiques, qui datent des travaux de Pierre-François Fontaine, en 1815. Le tableau de Louis Couder commémorant l‘“Installation du Conseil d’État au Palais du Luxembourg” se trouve dans cette salle.

Cette salle a reçu en 1976 le nom de René Cassin, vice-président du Conseil d’État. Elle est aujourd’hui utilisée comme salle de travail pour les membres du Conseil d’État.

La salle René Cassin
 

Le Grand escalier d'honneur

Cet escalier monumental fut réalisé par Contant d’Ivry à partir de 1765. Il menait aux appartements de la duchesse d’Orléans. La coupole qui le surmonte brise à l’extérieur la ligne des toits, mais accroît à l’intérieur l’impression de hauteur. Pour donner plus de profondeur, les murs ont été peints en trompe-l’oeil par De Machy et Taraval. Le premier fit les perspectives et le second les personnages.

Grand escalier d'honneur
Grand escalier d'honneur
Grand escalier d'honneur
Grand escalier d'honneur
Grand escalier d'honneur
Grand escalier d'honneur
 

La salle du contentieux

L’aile du sud-est est réservée à la section du contentieux. La salle du contentieux est à l’emplacement de la salle de spectacles construite en 1640 par Lemercier pour Richelieu, et qui fut détruite par deux incendies en 1763 et en 1781.

À cette date, la salle de spectacles fut reconstruite à l’ouest du Palais-Royal, à l’emplacement actuel de la Comédie-Française.

La salle du contentieux fut aménagée par Prosper Chabrol en 1875. Elle est ornée de deux tableaux : une allégorie du Droit par Ulmann et une représentation du Palais d’Orsay par Albert Girard. Cette salle a été restaurée en 2001.

Salle du contentieux
 

Le bureau du vice-président du Conseil d'Etat, Jean-Marc Sauvé

Ancien salon des aides de camp ; tapis de la Savonnerie d'époque Empire, éxécuté sur les dessins de Charles Percier, provenant de la salle du Trône des Tuileries ; meuble d'appui d'époque Empire, en loupe d'orme, provenant du palais de l'Elysée puis des Tuileries ; console d'époque Empire, en loupe de frêne, provenant des Tuileries ; candélabres d'époque Empire, provenant du palais de l'Elysée.

Bureau du vice-président du Conseil d'Etat, Jean-Marc Sauvé
Bureau du vice-président du Conseil d'Etat, Jean-Marc Sauvé
 

La salle de la section de l'intérieur

La salle de la section de l’intérieur fut la salle du trône de Louis-Philippe, puis, du temps du prince Jérôme Bonaparte, le “Salon de la fontaine”, ainsi nommé en raison de l’étonnante fontaine que Prosper Chabrol y aménagea. On pouvait aussi y voir des armes prestigieuses ayant servi durant les campagnes napoléoniennes.

La cheminée monumentale qu’y édifia Klagmann est la seule qui ait résisté à l’incendie de 1871.

D’autres oeuvres ornent cette pièce : un portrait de Cambacérès, un buste de Bigot de Préameneu, l’un des rédacteurs du Code civil, et une tapisserie des Gobelins datant du XVIIe siècle.

La salle de la section d'intérieur
La salle de la section d'intérieur
 

La salle d'assemblée générale

Cette salle connut diverses utilisations. Après avoir été la salle du Tribunat, puis une chapelle sous Louis-Philippe, elle fut remplacée par des salons sous le Second Empire.

En 1875, Prosper Chabrol construisit l’actuelle salle de l’Assemblée générale. Les quatre toiles qui la décorent sont de Henri Martin et datent des années 1920. Ce sont des allégories de “l’Agriculture”, du “Commerce”, de “l’Industrie” et du “Travail intellectuel”. L’ensemble porte le titre de “La France laborieuse se présentant au Conseil d’État”. L’auteur a choisi de représenter une scène de moisson, la place de la Concorde en travaux, les pêcheurs de Marseille devant le Vieux-Port. 

Le symbole de la pensée est figuré sous la forme d’un vieil homme marchant dans la forêt. 

Ces peintures sont surmontées d’une frise sculptée par Thabard avec douze figures en camaïeu bleu sur fond doré, réalisées à partir de 1873 par Jules-Elie Delaunay, représentant les différents départements ministériels dans les premières années de la Troisième République.

C’est dans cette salle que se réunissent les membres du Conseil d’État pour examiner les projets de lois et d’ordonnances soumis par le Gouvernement.

La salle d’Assemblée générale a fait l’objet d’importants travaux de restauration en 2012.

La salle d'assemblée générale
La salle d'assemblée générale
La salle d'assemblée générale
La salle d'assemblée générale
La salle d'assemblée générale
 

La salle des cases

Ancien "vestiaire". Les membres du Conseil d'Etat viennent y retirer leur courrier.

La salle des cases
 

La salle Pierre Laroque

Un passage secret mène à la salle d'assemblée générale ; sur la cheminée, buste de Portalis, autre rédacteur de Code Civil. Salle de la bibilothèque dédiée à la consultation de la presse et des périodiques.

La salle Pierre Laroque
Salle Pierre Laroque
Le passage secret de la salle Pierre Laroque
 

La salle des colonnes

La Bibliothèque du Conseil d’État est installée à l’emplacement de l’ancienne salle de bal du prince Jérôme Bonaparte. Prosper Chabrol réaménagea cette pièce après l’incendie de la Commune (1871). Les hautes colonnes corinthiennes lui donnent un aspect monumental.

Les collections de la Bibliothèque, qui s’étaient développées depuis la création du Conseil d’État, avaient brûlé dans l’incendie du Palais d’Orsay, durant la Commune. Le fonds actuel fut reconstitué à partir du dernier quart du XIXe siècle grâce à des dons, legs et acquisitions.

Restaurée en 1997, elle a été réorganisée et équipée d’un matériel permettant la consultation des ressources documentaires électroniques. La rénovation s’est achevée en 2013 par une  mise aux normes technologiques contemporaines (lumière, réseau informatique, chauffage).

La salle des colonnes
La salle des colonnes
 

La chapelle

La pièce la plus discrète du Palais-Royal est sans doute la petite chapelle néo-gothique édifiée sous le Second Empire par Prosper Chabrol. Sur les vitraux l’aigle impérial et la croix de Savoie rappellent que les commanditaires étaient le prince Napoléon et son épouse, la princesse Marie Clotilde de Savoie.

Ces armes sont également portées par six anges, à la base des croisées d’ogives.

Elle vient de faire l’objet d’un travail minutieux de restauration des peintures et des vitraux. Elle est utilisée désormais comme petite salle de réunion.

La chapelle
La chapelle
 

La salle Napoléon

C’est la seule pièce du Conseil d’État qui se trouve dans l’aile Montpensier.

Klagmann et Chabrol en firent un “salon des colonies” à l’époque où Jérôme Bonaparte fut ministre des Colonies (1858- 1859). Au plafond, des figures représentent les quatre continents et rappellent la dimension mondiale de la conquête coloniale. Des consoles portent le nom de grands écrivains dont les bustes ont disparu.

Un buste de Napoléon Ier, les initiales de son nom et les abeilles au-dessus des portes sont les marques de la dynastie impériale.

Cette pièce servit ensuite de salle à manger au prince Napoléon, qui lui laissa son nom, puis devint une salle de travail du Conseil d’État.

La restauration de cette salle qui s’est achevée en 2013 a demandé  2800 heures de travail. Elle a permis de restituer des décors disparus sous les couches de peinture et de reconstituer la décoration d’origine tout en veillant à aménager des espaces de travail plus ergonomiques.

La salle Napoléon
 

La vue depuis les terrasses

Le Conseil d'Etat et le Conseil Constitutionnel communiquent par le balcon Montpensier, d'où l'on a un joli point de vue sur les colonnes de Buren.

Vue sur les Colonnes de Buren
Vue sur les Colonnes de Buren
Le balcon Montpensier
La vue du Bureau du Président
 

LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL

Le Grand SaloN

A la suite de l'incendie du 24 février 1848, la décoration intérieure est choisie par la princesse Marie Clotilde de Savoie, épouse du prince Jérôme Napoléon. Le grand salon est la salle de réception du Conseil qui, par exemple, y proclame les résultats de l'élection présidentielle ou y organise colloques et rencontres. De part et d'autre de la salle, deux médaillons sculptés se font face, représentant l'un, l'aigle impériale, l'autre Napoléon III et l'impératrice Eugénie de Montijo.

Le Grand Salon du Conseil constitutionnel
 

La salle des Délibérés ou la salle des séances

La décoration très féminine de peintures bleu pastel date de 1860. Nous sommes dans le salon de travail de la Princesse Clotilde de Savoie. C'est ici que les membres du Conseil prennent leurs décisions (à huis clos). Les membres sont placés selon leur ancienneté au Conseil constitutionnel et le rang protocolaire de l'autorité qui les a nommés. Le Président siège au centre du « fer à cheval ». Le secrétaire général et leservice juridique sont assis derrière les membres, de manière à prendre le procès−verbal de la séance et à répondre à toute question technique.

La salle des délibérés
Interrupteurs
Détail fenêtre
Détail porte
 

Le bureau du Président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré et son impressionnante collection de Marianne

Depuis Robert Badinter, le vaste salon d'angle est devenu le bureau du Président. C'est l'ancienne chambre à coucher de Clotilde de Savoie. Le mobilier de couleur or remonte au Consulat et provient du Grand Trianon à Versailles. Remarquez le magnifique bureau à cylindre d'époque empire en acajou avec des motifs en bronze doré. La pièce est également ornée d'un portrait de l'empereur Napoléon III (1866 − Didier Alphone Lhuillier) et d'un tapis d'Aubusson d'époque Empire.

Le bureau du Président est exposé Nord et Est. Il jouit d'une remarquable lumière et d'une superbe vue sur les jardins du Palais Royal. Jusqu'à l'installation du président du Conseil constitutionnel dans ce salon d'angle, celui−ci servait de bibliothèque au Conseil et le « salon vert » (« petit salon ») était le bureau du président. Pour des raisons fonctionnelles, la bibliothèque du Conseil est au quatrième étage. A noter que le Conseil n'a récupéré les étages supérieurs (3ème et 4ème) qu'à une époque relativement récente (1975).

Le bureau du Président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré
La collection de Marianne dans le bureau du Président
 

L'escalier d'honneur

Il date de 1830. C'est l'oeuvre (comme toute l'aile Montpensier) de l'architecte Fontaine. Il s'agit d'un escalier tournant à deux volées droites (que l'on pourra comparer avec celui du Conseil d'Etat).

L'escalier d'honneur
L'escalier d'honneur
L'escalier d'honneur

Source des explications historiques en italique :

Le Palais-Royal

3, rue de Valois

75001 Paris

 

Métro : Palais Royal - Musée du Louvre

 

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